Le savon d’Alep est un savon syrien fait d’huile d’olive, d’huile de baies de laurier et d’un alcali, cuits ensemble puis séchés de six à neuf mois. Le savoir-faire du savon d’Alep au laurier (ghar) a été inscrit en 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Trois ingrédients, un long savoir-faire
L’UNESCO décrit une recette fondée sur des ressources locales : l’huile d’olive syrienne (metraf), l’huile de laurier (ghar) et une lessive naturelle. Selon le projet Syrian Heritage, l’olive vient des régions au nord et à l’ouest d’Alep, le laurier des montagnes côtières entre Antioche et Kassab, et l’alcali était obtenu en carbonisant une plante de la steppe syrienne, l’anabasis.
À l’automne, des familles cueillent les baies de laurier sauvage, les font bouillir et recueillent l’huile qui remonte à la surface. La cuisson du savon se fait ensuite de novembre à mars ou avril, selon la récolte des olives.
L’année d’une savonnerie d’Alep
De la cuve au cube
La fabrication traditionnelle
- CuireHuile d’olive, huile de laurier et lessive naturelle cuisent ensemble.
- CoulerLa pâte est versée sur le sol de la savonnerie pour refroidir.
- DécouperLes artisans la découpent en cubes, à l’aide de leur poids et d’un râteau.
- EstampillerChaque cube reçoit à la main le nom de la famille.
- SécherLes cubes sèchent en tours aérées pendant six à neuf mois.
En séchant, le savon passe progressivement du vert au jaune doré, raconte le magazine AramcoWorld. Le séchage prend au moins six mois, et certains fabricants classent leurs savons selon leur âge, de trois mois à plusieurs années.
Une histoire de plusieurs siècles
Les premières savonneries d’Alep remontent au début du Moyen Âge, dans le quartier de Bab Qinnasrin. Aux XVIe et XVIIe siècles, de grands ateliers remplacent les petits ; ceux des familles Zanabili et Jubayli, parmi les plus anciens, datent du XVIIIe siècle. La rue al-Masaben comptait plus de vingt savonneries ; au XXe siècle, la vieille ville n’en abritait plus que six.
Le savoir-faire se transmet en famille. Chaque cube porte, estampillé à la main, le nom de la famille qui l’a fabriqué, comme une signature : l’UNESCO y voit l’expression d’un héritage et d’une identité. AramcoWorld cite ainsi la famille Joubaili, installée dans son caravansérail depuis la fin du XIXe siècle.
Bien choisir son savon d’Alep
Plus le savon contient d’huile de laurier, plus il coûte cher, car cette huile est plus difficile à obtenir : un fabricant cité par AramcoWorld classe même ses savons de une à huit étoiles selon leur teneur. Les pourcentages affichés varient selon les marques ; lisez l’étiquette plutôt que de vous fier à l’appellation seule.
Entre deux usages, laissez le savon sécher sur un porte-savon ajouré : un pain qui baigne dans l’eau se ramollit et s’use beaucoup plus vite.
Avant d’acheter
- Huile d’olive et huile de laurier dans la composition
- Teneur en laurier indiquée
- Liste d’ingrédients courte
- Coordonnées du responsable en Europe
- Sans parfum ajouté si peau réactive
Comme tout cosmétique, un savon d’Alep vendu en Europe doit afficher sa composition : notre guide pour lire une liste INCI vous aide à vérifier qu’elle reste courte. Si votre peau tiraille après le lavage, appliquez une huile adaptée, en suivant notre guide des huiles végétales selon le type de peau. Et méfiez-vous des versions parfumées aux huiles essentielles si vous êtes enceinte ou allergique.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Pourquoi le savon d’Alep change-t-il de couleur ?
Il passe progressivement du vert au jaune doré pendant son séchage, selon AramcoWorld. Ce changement fait partie du vieillissement normal du savon.
Combien de temps sèche un savon d’Alep ?
De six à neuf mois selon l’UNESCO ; AramcoWorld indique au moins six mois, parfois des années.
Le savon d’Alep est-il reconnu par l’UNESCO ?
Oui : le savoir-faire du savon d’Alep au laurier a été inscrit en 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Un vrai savon d’Alep tient en trois ingrédients, huile d’olive, huile de laurier et alcali, et sèche au moins six mois ; sa teneur en laurier fait son prix, et sa liste INCI doit rester courte.
Sources
- Craftsmanship of Aleppo Ghar soap — UNESCO : inscription 2024, ingrédients, cuisson, estampillage, séchage de 6 à 9 mois, cueillette en automne.
- The classic soap of Aleppo and its production — Syrian Heritage Archive Project : origine des huiles, alcali, saison de cuisson, histoire des savonneries.
- Soaping Up (AramcoWorld, juillet-août 2010) — AramcoWorld : couleur, durée de séchage, prix selon la teneur en laurier.
- La sécurité des produits cosmétiques avec la DGCCRF — Institut national de la consommation : composition et mentions sur l’emballage.



